Comment renforcer le lien entre les tout-petits, leurs accompagnant·es, les œuvres… et le musée ?
À l’occasion d’une table ronde virtuelle, trois professionnelles de la médiation ont présenté des dispositifs originaux de leur structure pour accueillir les enfants de moins de 3 ans : un chariot de marche, des tapis à histoire, et une valise itinérante.
Mais au-delà des outils, c’est bien la philosophie de l’accueil du jeune public et de l’accompagnant.e qui était au cœur des échanges. Voici ce qu’on peut en retenir.
Adapter son offre culturelle à la petite enfance est un enjeu pour les musées et beaucoup développent des initiatives pour les attirer dans leur structure.
Au musée Narbo Via (Narbonne), le chariot de marche est mis à disposition des familles dès l’entrée du musée : c’est un outil autonome, qui permet au duo parent-enfant de visiter librement tout en sollicitant les sens et la motricité.
Il permet à bébé de « faire ses premiers pas au musée », accompagné d’un adulte.
Au musée de Flandre (Cassel), les tapis à histoire sont pensés comme des supports sensoriels pour des visites guidées avec les médiatrices, dans un rapport plus intime et accompagné aux œuvres.
Quant au musée des Beaux-Arts de Limoges, il s’affranchit même des murs : la BAL Trott’, une valise remplie de reproductions et d’éléments ludiques, est prêtée aux crèches.
Objectif : faire une première rencontre entre l’enfant et le musée… sans avoir à se déplacer (tout de suite). Avec comme démarche finale de pouvoir créer un lien avec les structures de la petite enfance pour les faire passer la porte du musée !
Trois dispositifs, trois postures : en autonomie, avec médiateur, ou hors les murs. Une diversité précieuse, qui montre qu’il n’existe pas de modèle unique.
Tous les échanges l’ont souligné : un outil, aussi bien conçu soit-il, ne suffit pas.
Il s’inscrit dans un écosystème, une politique d’accueil, une volonté affirmée de rendre la culture accessible dès le plus jeune âge.
👉 Le rôle de l’adulte accompagnateur est central. Encore faut-il qu’il se sente légitime et accueilli. Des outils qui donnent des clés de lecture, qui valorisent le lien avec l’enfant, ou qui laissent une vraie place à l’échange, peuvent transformer l’expérience.
👉 Le musée lui-même doit être préparé : prêt de poussettes, coin change, accueil bienveillant, personnel sensibilisé, etc. Ces détails logistiques deviennent essentiels quand on vise un public qui a besoin de sécurité, de repères et de souplesse.
👉 Enfin, tisser des partenariats avec les structures de la petite enfance et les professionnel·les, est un levier puissant pour ouvrir les portes du musée.
Ce sont eux/elles qui peuvent devenir des prescripteurs précieux… si on les implique et qu’on leur donne les moyens de s’approprier l’outil.
Ce qu’on retient : l’objet n’est qu’un déclencheur. L’impact se joue dans la qualité de l’accompagnement, la clarté de l’intention et l’envie de penser une vraie place pour les tout-petits et leurs proches dans l’institution muséale !